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Message par yakyak le Mar 16 Jan - 10:42

Les jeans se plient à la mode du bio et de l'équitable
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Une paire de jeans signée Maurizio Galante pour la collection haute couture printemps-été 2006.

Petit à petit, la mode écolo commence à faire des adeptes en France. La marque Ober (groupe Lafuma) a lancé, le 11 décembre, ses trois premiers modèles de jeans "éco-conçus" (49 euros). Ceux-ci sont fabriqués en coton "bio", assouplis mécaniquement et non plus par des procédés chimiques. Une enzyme naturelle remplace le chlore pour les blanchir.

Quelques jours plus tôt, c'était le géant américain Levi's qui commençait à diffuser en Europe ses premiers jeans écologiques. Les pantalons Levi's Eco, 506 pour l'homme et 570 pour la femme, sont certifiés "100 % bio" par Control Union Certifications, un groupe international de sociétés spécialisé dans l'inspection indépendante de marchandises, la surveillance et la certification, basé aux Pays-Bas. Ce lancement précède celui, à venir, des jeans et chemises en coton bio vendus à partir de février par Celio.

Cinq ans après les pionniers Rica Lewis, Machja et Ideo, les grandes marques cherchent à s'octroyer les faveurs des jeunes de 18 à 24 ans, qui se déclarent plus concernés que les autres par le développement durable. Ces vêtements, que les industriels vendent souvent 30 % plus cher que leur équivalent conventionnel - 120 euros en moyenne le Levi's Eco contre 90 euros pour le modèle classique -, sont de plus en plus respectueux de l'environnement. Parfois aussi des conditions de travail des ouvrières qui les confectionnent.

Il existe désormais une production organisée de coton bio en Inde, et, depuis mars 2005, une production africaine de coton "équitable" certifié par Max Havelaar. Aucune organisation, en revanche, ne certifie, ni en "bio" ni en "équitable", les étapes intermédiaires de traitement des tissus - très polluantes car elles utilisent du chrome ou du formaldéhyde -, ni celle de la confection des vêtements - 90 % des salariés du textile sont des femmes surexploitées dans des ateliers d'Asie.

Les progrès ont d'abord été réalisés sur les matières premières. Ensuite, chacun a instauré avec ses fournisseurs de nouvelles règles (produits utilisés, respect des normes sociales édictées par l'Organisation internationale du travail), et parfois même s'est engagé dans un partenariat au long cours.

Levi Strauss achète ainsi du coton cultivé sans pesticides ni engrais chimiques (certifié bio) en Turquie, où il est également filé, tissé et traité par de grandes usines (non équitables). Levi's favorise le "tout végétal" : les boutons sont en noix de coco et en métal non galvanisé, les rivets sont remplacés par des coutures renforcées, et l'étiquette est en carton recyclé. Surtout, la marque utilise pour la première fois une teinture réalisée en indigo naturel. L'aspect travaillé du denim est obtenu à partir d'amidon de pomme de terre, de fleur de mimosa et de savon de Marseille.

"En matière de protection environnementale, Levi's est allé, avec ses gros moyens, vraiment plus loin", reconnaît Rachel Liu, gérante d'Ideo, qui utilise depuis cinq ans du coton équitable certifié par Max Havelaar et du coton bio indien. Pour elle, pas question d'en rester là, les progrès en matière de développement durable doivent être constants. Ideo proposera par exemple cet été une jupe et un pantacourt colorés avec de la feuille d'indigo et de l'écorce d'acacia... censées être "bonnes pour le corps".

En matière d'écologie, à chacun son credo. Ober s'apprête à vendre ses produits dans des emballages réalisés à partir de chutes de denim, imprimés avec une encre labellisée Oeko-Tex. Et fournira des conseils d'entretien destinés à "limiter l'impact sur l'environnement". Quant à l'alter-collection de Celio, elle sera constituée, après une première expérience fondée sur la vente de tee-shirts "équitables", d'une dizaine de modèles, soit 5 % des vêtements en magasin. "C'est un début, et nous allons nous développer dans cette direction", promet Caroline Robert, chef de marché "casual" chez Celio.

La tendance est porteuse, même si, "sur ces produits, nous faisons moins de marge", affirme-t-elle. En mars, Celio entend s'engager plus largement dans l'écoconception grâce à l'utilisation de nouvelles fibres de maïs et de bambou. Des articles vestimentaires qui seront accompagnés de notices explicatives "pour que les clients sachent d'où viennent ces vêtements et comment ils ont été fabriqués", explique-t-on au sein de la marque. Louable effort de transparence.
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